samedi 20 octobre 2007

Sondage fait auprès des routiers par l’OOIDA Foundation

Dans tout le débat de l’imposition du limiteur de vitesse par la Ministre Boulet, depuis plusieurs mois nous entendons toutes sortes d’arguments contre, pour et entre les deux. Un sondage rendu publique par l’ATRI, un sondage interne parmi les membres de l’ACQ, un sondage commandé par l’OTA et j’en passe. Mais un sondage qui n’a pas été encore rendu publique et dont j’ai reçu une copie des chiffres a été fait par la OOIDA Foundation plutôt cette année.

L’OOIDA a ciblé, parmi ses membres, 15,382 chauffeurs de compagnie et un sondage leurs a été envoyé. Un délai de réponse était demandé afin de compiler les données ainsi reçues. 55 envois sont revenus avec une mauvaise adresse et 3,422 ont pris le temps de répondre ou si vous préférez 22.3%. Ceci donne quand même un bon aperçu. Les questions du sondage portaient sur la satisfaction et les habitudes de conduites avec un limiteur, la vitesse à laquelle l’employeur du chauffeur, en bref c’est 9 questions sur le sujet.

Voici un résumé des 9 questions et des pourcentages compilés

1-Pour quelle compagnie conduisez-vous?
2,080 compagnies différentes ont été comptées

2-Le camion vous conduisez est-il limité en vitesse? Si oui répondre à toutes les questions si non, passez à 6
Oui = 64,6% Non = 35,4%

3-Quelle est la vitesse maximale que votre camion peut atteindre?
La moyenne est de 69mph

4-Si votre véhicule est limité à une vitesse inférieure à la vitesse permise sur plusieurs autoroutes, dépassez-vous la limite permise sur les routes ou les zones où la vitesse est inférieure à celle du limiteur de votre camion pour rattraper le temps perdu?
A- Jamais 26,2%
B- Quelques fois 51,8%
C- Habituellement 16,7%
D- Toujours 5,3%

5-La compagnie limite-t-elle aussi ses voituriers?
Oui : 9,8% Non : 41% Ne sais pas : 23,3% N/A : 25,9%

6-Veillez évaluer les contraintes suivantes de 1 à 6, 1 étant la plus sérieuse pour vous et 6 la moins, de la mise en fonction du limiteur de vitesse dans votre conduite. Si vous n’avez aucune contrainte indiquez par un 0.
(Je vous les place en ordre du plus au moins)
1- Manque de vitesse de dépassement
2- Congestion accrue
3- Être emboutie par l’arrière
4- Besoin de conduire plus longtemps
5- Plus de dépassement par les automobiles
6- Autres
7- Aucunes contraintes

7- Quand vous regardez pour une compagnie, est-ce que le fait que cette compagnie limite la vitesse de ses camions est un facteur important dans votre choix?
Oui : 2,042 Non : 621 N’est pas un facteur : 739

8- Si toutes les conditions sont égales, préfériez-vous travailler pour une compagnie qui a un limiteur de vitesse en place que pour une compagnie qui n’en utilise pas?
Utilise : 120 N’utilise pas : 2,780 Pas un facteur : 500

9- Selon vous, évaluez de 1 à 6 (comme pour la question 6) les meilleurs moyens d’appliquer les dispositions des codes de la route pour les camions lourds
(Selon l’ordre des réponses)
1- Uniformité des limites permises
2- Plus de contrôle policier sur les routes
3- Standard plus rigoureux pour les permis de conduire commerciaux
4- Limiteur de vitesse
5- Limites de vitesse plus basses
6- Autres

Ce que j’en pense? Je me permets des commentaires sur les questions 4-6-8-9.

Question 4
Plusieurs d’entre vous, sur des lignes ouvertes de camionnage et dans des discussions, avez émis les commentaires que souvent des chauffeurs de compagnie, qui utilisent le limiteur de vitesse, ralentissent moins dans des zones où la vitesse est réduite. Ils le confirment car seulement 26,2% admettent respecter les limites de vitesse inférieures à celle du limiteur de leurs camions.

Question 6
Est-il étonnant que le principal facteur de mécontentement de la conduite avec un limiteur de vitesse soit le manque de possibilité de dépassement? Je ne suis pas surpris. De causer plus de congestion est un facteur de stress car, quand plusieurs automobilistes sont retardés par un camion, assez souvent, lorsque la possibilité est permise, ces automobilistes n’attendront pas que le camion reprenne la voie de droite pour le dépasser. C’est un facteur d’accident supplémentaire.

Question 8
À cette question, les résultats parlent par eux-mêmes. Souvent quand sa situation financière le permet, un chauffeur va acheter un camion et rester pour la même entreprise de transport comme voiturier. Certains transporteurs vont cependant donner une rémunération plus grande pour la vitesse réduite ou établir un programme de récompenses pour les performances en économie de carburant.

Question 9
Il est intéressant de remarquer que les deux facteurs en importance sont d’uniformiser les limites de vitesse et d’avoir un plus grand contrôle policier. Le limiteur de vitesse passe au 4e rang chez les chauffeurs qui ont répondus au sondage.

Pour le reste je vous laisse vous faire votre propre idée. J’aimerais bien cependant avoir vos commentaires à l’adresse suivante

jeancatudal@sympatico.ca

mardi 16 octobre 2007

Lorsqu’un manque de nouvelles arrive, certains la créent!

Que dire de plus quand à la lecture de la nouvelle du Journal de Montréal sur un sondage fait auprès de 400 personnes, dont plus de 52% ne travaillent pas, au sujet de la circulation aux heures de pointe. C’est une chance que j’ai lue la version imprimée plusieurs jours plus tard. Je ne connais pas plusieurs routiers qui aiment rouler à ces heures dans n’importe quelle ville d’Amérique du Nord. Si je reprends l’exemple de la ville de Boston, sans que ce soit une loi municipale ici à Montréal ou à Québec, Chicago, Los Angeles ou même ailleurs, un routier qui a un tant soit peu de gros bon sens ne roule pas dans une ville si il n’a pas affaire à y être. Cependant, aucune loi n’interdit la circulation sur une autoroute ou un Interstate.

Malheureusement, si je prend la région de Montréal et la compare avec la très grande majorité des régions urbaine en Amérique du Nord, aucun gouvernements, présent ou passés, n’a eu le courage de mettre les ressources là où le besoin routier est le plus grand. Depuis plus de trente ans que nous attendons une route de contournement de la région de Montréal. Chaque fois qu’un groupe se dresse sur le passage, le gouvernement recule, attend, fais une étude, et ajoute des coûts supplémentaires pour payer ces rencontres, tables de concertation, études de toutes sortes et l’inflation fait aussi sont œuvre.

J’ai un raz le bol de payer des milliers de mes dollars, que je gagne honnêtement et durement, en taxes chaque année et à chaque kilomètre que je fais avec mon camion, pour me faire traiter de la sorte. Je pourrais même avancer que c’est le cas de tout propriétaire d’entreprise de transport, grande ou petite, face au manque de vision à long terme de nos gouvernements.

Est-ce que les journalistes ont aussi comparés les modes de rémunérations entre les pays Européen, qui sont pris en exemple, avec ce que nous avons ici en Amérique? Je n’ai rien vu de tel dans les articles que j’ai lu.

Quelle comparaison est possible entre un pays, la Suisse, qui est 40 fois plus petit en superficie que la seule province de Québec (41,290 Km2 vs 1,667,926 Km2) mais qui a presque la même population. La circulation y est sûrement plus dense malgré que chez nos cousins européens, l’usage des transports en commun fait partie intégrante de leur mode de déplacement. L’automobile n’est que princesse et le train est roi. Si comme en France, un projet pilote forcerait les professionnels de la route de rester dans la voie de droite, comment se comporterait un automobiliste qui entre ou sort d’une autoroute? Nulle part il est écrit que les limites permises en France sont plus élevées qu’au Québec et que déjà, sur nos autoroutes, ça roule 15-20-25Km/h au dessus de la limite sur la 20! Ce qui est encore sous la limite permise en France.

La meilleure solution n’est pas d’interdire les véhicules de livraison, ceci causerait un autre problème majeur. Il y a un manque important de place de stationnement autour de la région de Montréal. Nous essayons de gagner notre vie honnêtement. De favoriser le transport en commun, avec des mesures incitatives, serait une solution pour diminuer la congestion des routes. Un autre chiffre qui manque, c’est celui de l’augmentation de plus de 60% des automobiles dans la province.

lundi 8 octobre 2007

Comment poser une question

Je sais le titre semble un peu hors contexte pour un blog sur le camionnage, mais c’est la meilleure relation que j’ai trouvé entre « sondage » et « camionnage ». À quelle question pensez-vous? Celle qui a été demandé sur les limiteurs de vitesse pour les camions lourds. Oui j’en fais une obsession car je n’ai aucunement l’intention de lâcher prise sur ce sujet. D’autant plus que, au moment d’écrire ces lignes, il y a 642 autres personnes, signataire de la pétition en ligne, qui ont la même optique que votre humble serviteur sur cette question.

Si je demandais à des dirigeants d’entreprise de transport la question suivante :
Êtes-vous d’accord que la mise en fonction du limiteur de vitesse est un bon moyen de contrôler la vitesse des véhicules lourds immatriculés au Québec?
Personnellement, je serais dans la catégorie de ceux qui répondraient dans l’affirmative. Principalement si j’avais à contrôler la vitesse d’une flotte afin de m’assurer, comme dirigeant, que mes employés qui opèrent mes camions, les font dans le respect des politiques de ma compagnie.

Remarquez que dans ma question, il y a des données manquantes. Le mot obligatoire n’est pas dans la question, 105Km/h non plus et il manque aussi tout les. Je connais quelques dirigeants d’entreprises de transport, et il est dans leurs politiques d’entreprise de limiter la vitesse de leurs camions afin d’uniformiser la planification, la consommation de carburant et même que pour certains, c’est une façon de réduire les coûts reliés à l’assurance de la flotte. Ce sont des décisions d’affaire que ces entrepreneurs ont fait.

Selon une étude* de l’ATRI (American Trucking Research Institute) publiée en Mars 2007, parmi les 148 dirigeants d’entreprise qui ont répondus à l’étude, 69% utilisent la mise en fonction du limiteur de vitesse sur les camions de leurs flottes. La vitesse moyenne étant de 113Km/h (70mph), les raisons pour ce choix sont les suivantes :

5% pour les assurances
8% pour la sécurité
18% pour l’économie de carburant
69% pour les limites de vitesse sur les routes

La vitesse choisie est souvent en relation directe avec la taille de la flotte. Plus la flotte est grande, plus la vitesse sera basse.

Ce qui me fait dire que l’activation du limiteur de vitesse est et doit rester une décision d’affaire du ou des dirigeants d’une entreprise.

Cependant, si je pose la question suivante :
Êtes-vous d’accord que la mise en fonction obligatoire du limiteur de vitesse à 105Km/h est un bon moyen des contrôler la vitesse de tout les véhicules lourds immatriculés au Québec?
Ma réponse serait dans la négative avec le commentaire suivant, « Il est du ressort du Ministère de la Sécurité Publique de placer plus de radars sur les routes et au Ministère des Transports de faire respecter les lois en place avant d’en faire des nouvelles».

Parlant de radars et de questions, ceci m’en amène une. Pourquoi certains regroupements dans notre industrie, qui poussent la mise en fonction obligatoire du limiteur de vitesse à 105Km/h, sont contre les photos radars?

Ai-je besoin de vous rappeler de signer la pétition contre l’obligation d’activer le limiteur de vitesse à 105Km/h? Le lien est dans le haut de la page de ce blog à droite. Faites entendre votre voix.

Bonne route à tous, dans le respect des lois en place

Jean Catudal

*Le rapport de cette étude est disponible au www.atri-online.org/research/results/speedGovernorSurvey.pdf

mardi 2 octobre 2007

Votre appui est important plus que jamais!

Jeudi le 27, j’ai eu l’honneur de porter le message au cabinet de la Ministre des transports pour les personnes qui sont en désaccord avec la proposition d’imposer la mise en fonction obligatoire du limiteur de vitesse pour les véhicules lourds immatriculés au Québec. Il ne reste que votre partie du message. Vous devez faire parvenir une lettre pour la Ministre Boulet soit en téléchargeant celle qui vous est proposée ou dans vos propres mots. Vous trouverez le lien dans le coin droit avec celui de la pétition. Vous n’avez qu’à mettre la date en haut et votre nom, téléphone, au bas de la lettre, votre signature et le tour est jouer.

Le fax du bureau de la Ministre est le (514) 873-7886

Une première partie de la pétition a aussi été déposé lors de la rencontre. Jacques Plante de Livraison Spéciale et Me Patrick Doyon, qui représente l’APRAC, m’accompagnait à cette rencontre. Les hauts fonctionnaires du cabinet et du bureau du Premier Ministre la surveillent et enregistrent sûrement la progression. Vous pouvez encore la signer et en parler avec d’autres.

L’APRAC vous demande votre appui et je vous suggère de faire parvenir aussi cette lettre aux personnes suivantes :

Mario Dumont, Chef de l’opposition officielle Fax : (418) 528-9479
Pauline Marois, Chef du Parti Québécois Fax : (418) 643-2957
Pierre Gingras, Critique en transport de l’ADQ Fax : (418) 646-7809
Votre député provincial

Les adresses sont disponible sur le site Web de l’Assemblée Nationale au
www.assnat.qc.ca/fra/Membres/deputes.shtml

Si vous ne connaissez pas votre comté ou votre député, pour le trouver
www.electionsquebec.qc.ca/fr/trouvez_circonscription.asp

Vous avez le choix de rechercher par votre code postal ou par la carte de la province.
Toutes les coordonnées sont sur ce site, courriel, adresse postale, fax et téléphone.

Si vous pouvez vivre avec cette obligation mais que vous êtes contre le principe, faites suivre votre appui. Si votre rêve est d’avoir votre propre camion un jour, ne restez pas muet non plus.

Merci!

lundi 24 septembre 2007

La pause est terminée


Maintenant que le Convoi est terminé (voir www.convoiquebec.blogspot.com), je dois me remettre dans mes communiqués de presse et reprendre les dossiers là où je les ai laissés.

Celui du limiteur de vitesse prend de l'envol et votre participation est demandée de plusieurs façons. Vous pouvez signer la pétition en ligne en utilisant le lien qui est dans le coin supérieur de ce blog, en écrivant à votre député pour lui faire connaître ce que de forcer par une loi que tout camion soit limité dans ses déplacements peut devenir un enjeu plus grand que simplement celui des GES ou de la sécurité ou de limiter la compétitivité dans votre travail.

Il y a aussi les rencontres publiques de la Table de Concertation sur la Sécurité Routière. Votre voix est importante ainsi que celle de vos proches, parents et amis. Parlez avec vos clients pour qui souvent le "Just in time" est important. Eux aussi ont leur mot à dire dans ce dossier. Pour vous aider, dans la colonne de droite de ce blog, vous trouverez les liens pour la page d'accueil de l'Assemblée Nationale du Québec. Quelques clics de souris et vous trouverez le courriel, le téléphone et le télécopieur de votre député. Partagez cette information avec d'autres pour que tous soient sensibilisés.

Pas de temps à perdre. Selon certaines de mes sources, ce projet de loi qui pourrait amender le Code de la route au Québec aussi rapidement qu'au mois de décembre prochain.